Au coeur de la saintélyon 2015

C’est une expérience inédite que de courir 72km de nuit, avec un départ à minuit pour relier Saint-Etienne à Lyon par la voie des crêtes et du GR. Eh bien, c’est le concept proposé par la course mythique « Saintélyon » en cette édition 2015 remporté une fois n’est pas coutume par un duo de choc : Benoit Cori et Nicolas Martin (5h07min42s)

Accompagné de plus de 6000 autres coureurs suréquipés et surentraînés, j’ai pris le départ de la saintélyon solo 72km avec 1730+ et 2050- : un parcours sportif très roulant à 50% route et 50% sentiers, jalonné de montées en lacet ou parfois plus raide, de pistes sur les hauteurs ou en sous-bois mais surtout de nombreuses descentes.

Voici le récit de cette expérience magique :

Sur la ligne de départ, les visages sont excités à l’idée de courir une telle distance de nuit. Pour moi, c’est la récompense de 9 semaines d’entraînement intensif à raison de 4 sorties par semaine, à dose de fractionné, de sortie longues, mais surtout d’une hygiène vie bien plus drastique qu’à l’accoutumé. L’objectif qui semblait loin à la sortie de l’été n’est plus qu’à quelques minutes. 23h30, les quelques 6000 coureurs envahissent le bitume stéphanois non loin du parc des expositions, prêt à en découdre, même avec une nuit blanche !

L’équipement est à la hauteur de l’événement  d’autant plus que l’organisation annonce des températures de – 2 à -4° sur les hauts plateaux. Les favoris optent pour une tenue légère deux couches en haut et un short en bas et le tour est joué : en 5 ou 6h et à 14km/h , ils n’auront pas le temps d’avoir froid. Plus lent et plus prudent, je joue la carte du collant polaire et des trois couches en haut : un haut manche longue près du corps, un deuxième T-shirt pour avoir un peu plus chaud, et une veste salomon Bonatti tout neuve pour être à l’abri du vent glacial.

Et voilà, minuit sonne, après le briefing des organisateurs et une minute de silence en hommages aux victimes des attentats parisien, nous voilà tous partis à l’assaut des crêtes des monts du lyonnais. 

map-garmin_sainté-lyon

Le début de course

Les 7 premiers kilomètres sont une mise en bouche bitumé à large échelle : on a de la place pour courir dans cet énorme peloton et du coup on a aisément le temps de songer à ce qu’on s’apprête à vivre pendant cette bonne dizaine d’heure de course. C’est le moment de caler son allure à celle prévue en entraînement pour ne pas démarrer trop fort et se retrouver en rade en fin de course.

Au village de Sorbiers, les choses sérieuses commencent : des côtes qui deviennent de plus en plus raides, et le monde lumineux urbain qui laisse petit à petit sa place à cet univers de nature obscure : ça y est, nous sommes au cœur de la Saintélyon. Tout le monde a sa frontale allumé. En haut du premier sommet, le regard en contrebas, j’aperçois ce long serpent de lumière qui se déploie sur des centaines de mètres. C’est un véritable ruban de lumière frontale ; il n’y a que des coureurs, c’est spectaculaire. Un arrêt photo s’impose pour immortaliser le moment. Tout là-haut, le ciel est étoilé et on distingue un croissant de lune comme pour sublimer davantage cette aventure nocturne.Saintélyon_ruban-de-lumiere

Le premier ravito

Sur les chemins qui mènent à Saint-Christo-en-Jarrez, la progression est lente, tant par la raideur de la côte que par les bouchons occasionnés par les sentiers plus étroits : c’est une alternance de montée et descente jusqu’au premier ravito des 15 km. L’ambiance y est chaude, trop peut-être tant il est difficile de se frayer un chemin pour atteindre la zone de ravitaillement en eau. 

Côté nourriture, je suis paré pour faire face à toutes baisses de régime : barre énergétique au miel et aux cranberries, une fiole de gels sucrés antioxydant tonique et énergisant, et une fiole de gels salés au miel d’acacia et à la fleur de sel : je teste pour la première fois ces gels de la marque Meltonic, acheté la veille sur le salon d’exposant. (Et je peux dire après courses que ce sont de supers produits !)

S’en suit un parcours en balcon au-dessus de la vallée du Gier et de jolis passages en sous-bois tantôt en descente tantôt à plat ou en montée. Parfois, les chemins de campagne se transforme en single ou la vitesse de course diminue par faute d’un nombre élevé de coureur.

Le point culminant

Nous sommes sur l’un des points culminant de la course sur les crêtes du GR où, au loin, on aperçoit déjà les lumières de Lyon : et oui, dans quelques heures, nous fouleront tous le pavé de cette ville. Mais pour l’heure, place à la descente vers Sainte-Catherine ou le ravitaillement du 30ème km m’attend. Seulement une trentaine de kilomètres parcourus, le moral est pleinement dans la course pour continuer vers une grimpette assez sérieuse à forte pente d’où démarrait la Saint-express 44km quelques heures auparavant.

Une gestion de l’effort

À ce moment-là, je gère la course par tranches de 10 km entre chaque ravitaillement. L’objectif est clair :damien_50km_saintélyonatteindre le village de Soucieu-en-Jarrest au kilomètre 51 dans un bon état pour espérer finir la course et laisser de côté toute idée d’abandon. J’entends un spectateur qui s’exclame  » c’est bon à partir de là, ça rentre » : nous sommes à la sortie du  3ème ravito kilomètre 40, c’est une phrase qui rassure et me fait vraiment du bien au moral 👍 merci m’sieur !

A chaque ravitaillement, je remplis l’une de mes gourdes de thé pour boire chaud et me réchauffer aux fils des kilomètres. C’est vraiment une boisson idéale quand il fait froid et en plus la théine maintient bien éveillé. L’envie de manger du salé arrive dès le km 40, à Saint-Genou / Chaussan où l’on peut manger du jambon, de la soupe, des chips…. J’en suis déjà à 6h45 de course, autant dire que le ventre crie famine ! un repos de 10/15 minutes pour manger, me changer et m’étirer est le bienvenu au chaud dans ce gymnase ce Soucieux, 51ème km. 

A l’aube, encore un semi !

Car maintenant, il reste un semi-marathon à parcourir. La foulée devient plus lourde mais je conserve une attaque avant pied qui me permet de maintenir une bonne vitesse de croisière. Les nombreuses descentes aident même à relancer. Je double au total plus de 800 coureurs certainement moins expérimentés à descendre les nombreux sentiers caillouteux de façon aussi relâché que je le suis : dans ces moment-là, je prends conscience que maîtriser la technique de descente est primordial !

L’aube se lève. Toujours entouré de dizaine de traileurs, nous parcourons les dernières zones de pleine nature avant de retrouver, pas à pas, les petites routes de la banlieue lyonnaise.

Le finish

arche_saintélyonLe final est brutal mais génial, la dernière cote qui grimpe le long d’un majestueux aqueduc romain est redoutable, et les 200 marches de descente qui s’ensuivent achèvent mes quadriceps. Le public est plus nombreux, l’heure du petit déjeuner est déjà passée! Depuis Sainte-Foy les Lyon, j’aperçois le musée des confluences et la halle Tony Garnier synonyme de fin de cette épreuve. Encouragé par les nombreux spectateurs, le dernier kilomère est une partie de plaisir qui se fini sous l’arche d’arrivée. Résultat : 9h42min42s ! classements : 2252 sur 5323 arrivants

pas si mal pour une première, ce qui donne la distinction de PAVE DE BRONZE

 

Les + de la saintélyon

  • Une expérience inédite de nuit 
  • La vue sur ce Ruban de frontale qui s’étalle sur des kms
  • La vue dès l’aube sur lyon et le lever de soleil
  • Un lieu d’accueil à la hauteur de l’évènement : les halles Tony Garnier et son salon d’exposants sympa
  • La belle arche d’arrivée 
  • Une très belle organisation avec une expérience de plus de 60 éditions
  • Navette bus à 13€ pratique et écolo
  • Bonne convivialité

Les – :

  • le prix élevé, mais certains diront que ça ne fait qu’ 1€ du kilomètre !
  • Un parcours avec pas mal de section bitume.
  • Le ravitaillement en eau difficile aux deux premiers ravitos car trop de monde

Astuces & Bon plans :

  • Réserver un plat de pâte au Restau la flore avant le départ à Saint-Étienne
  • Boire du chaud pendant la course: soupe ou thé, pour accélérer l’absorption du liquide dans l’organisme et se réchauffer.
  • Gérer ses ressources pour tenir, s’hydrater tous les km, et prendre régulièrement une dose de glucide

si vous aussi vous avez aimé la saintélyon, partagez votre ressenti dans les commentaires

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