Un grand week-end pour le semi-marathon de Lisbonne

Le week-end du 19-20 Mars, j’ai rencontré de nombreux coureurs qui comme moi ont décidé d’allier le plaisir de courir un semi-marathon avec la découverte d’une capitale européenne : Lisbonne, la ville blanche aux sept collines.  La date est parfaitement choisie, à la sortie de l’hiver, pour pouvoir profiter des premières belles journées printanières.

belvédère lisbonne

Le semi-marathon de Lisbonne propose un parcours rapide le long des rives du Tage, un profil très plat sans grande difficulté ou vous pouvez faire un temps ! A défaut, cela laisse du temps pour admirer la vue ; surtout sur les premiers kilomètres qui sont dédiés à la traversé du pont 25 avril.

Lisbonne

Mieux vaut visiter la ville après la course pour ne pas entamer son objectif de performance : car Lisbonne se découvre majoritairement à pied… et marcher sur les innombrables trottoirs mosaïques  bicolores au nivellement imparfait peut vite entamer votre capital physique. Et oui… résister à l’envie de jouir des beautés de Lisbonne le samedi veille de course n’est pas une mince affaire : jolies façades couvertes d’azulejos, nombreux belvédères comme celui du château au cœur du vieux quartier de Santa Cruz, petites ruelles animées du barrio alto, le quartier de l’alfama médiéval, la célèbre tour de Belém et le Monastère des Hiéronymites…. Il en va de même pour l’art de vivre Lisboète, mais ça c’est pour l’après course !

retrait dossardLe jour J du semi-marathon de Lisbonne

7h30: Le réveil est rarement difficile lorsque l’on sait que dans quelques heures, on va s’aligner au départ d’un semi pour peut-être battre son record. J’enfile ma tenue sportive avec tous les accessoires et j’engloutis quelques barres de céréales et une banane de Madeira en guise de petit dej. 

8h30 : Les rues sont encore vides, mais les coureurs s’activent pour rejoindre la ligne de départ. Je fais la connaissance d’un français et nous cheminons ensemble vers le magnifique pont du 25 avril ou le départ sera donné à 10h30. Avec son air californien, cet ouvrage exceptionnel de 3km de long construit en 1966 invite au dépassement de soi. C’est une occasion unique que de traverser ce pont habituellement réservé aux voitures ou aux trains. Du haut de cette œuvre en acier, on aperçoit des bateaux qui naviguent sur le Tage et on distingue au loin le cœur historique de Lisbonne.

9h30 : Arrivée en train à la station Pragal de l’autre côté du pont, certains complètent leurs petits déjeuners avec cafés et viennoiseries locales ! Je préfère rejoindre au plus vite la zone de départ, vue les bouchons « de coureurs ». Sur place, le speaker fait déjà monter l’ambiance, le warm up va bon train sur des musiques portugaises et brésiliennes.IMG_2225 

10h30 : l’hélicoptère de l’organisation lance les réjouissances. La vue du ciel doit être magnifique avec ces 40 000 coureurs ! Les corps sont chauds et prêts à se lancer. Tel Vasco de Gama ou Magellan qui partirent découvrir de nouveaux territoires, les athlètes du jour se lancent à la conquête de Lisbonne pour se surpasser sur cette épreuve phare qu’est le semi-marathon.

Même si la vue est splendide, les premiers kilomètres sont compliqués car il s’agit d’imprimer son rythme de course ; il faut se frayer un chemin entre les coureurs trop lents qui se sont placés en tête de course et ceux qui courent en bande et bloquent le passage !   Et oui, sur un semi, les minutes sont chères, surtout les premières.

parcours-semi-lisbonne-2016Très vite, le pont traversé, la course s’engage en descente vers de longues avenues bordant le fleuve. Les ravitaillements sont nombreux, l’eau ne manque pas, c’est une bonne nouvelle car le soleil est au rendez-vous et le thermomètre dépasse les 20°C. Au km 6, j’aperçois les élites kenyan de l’autre côté de la route (pour eux déjà le km 9), qui courent à plus de 20km/h. Un monde nous sépare ! Quelques groupes de musique animent la course. Le panneau annonce 10km, tout comme l’écran de ma montre Garmin qui me permet de gérer l’allure. A mi-course, l’idée est d’être encore « frais » pour mentalement se sentir fort. Après quelques lampées de Meltonic bien vitaminé, j’aborde la deuxième partie de course avec sérénité.  

En route vers Belem où se situe la ligne d’arrivée : Je m’imagine déjà à l’arrivée, assis à la terrasse d’un café pour siroter une bière superbock et manger un pastel de nata,  ces petits flans crémeux servis chaud, saupoudrés de sucre et de cannelles ; d’ailleurs, ceux de Belem font un tabac !

Le panneau 15km me rappelle à l’ordre. Je tiens l’allure de 12,5km/h soit 5min/km : c’est le moment où le mental entre en scène, car si je veux égaler voire battre mon record, il faut que je maintienne l’allure coûte que coûte.

Toutes les pensées positives sont bonnes à prendre. On se remémore tous les efforts réalisés pour préparer cette course : les séances de fractionné, les séances plus longues…  on entend çà et là des coureurs qui lancent à voix haute des mots d’encouragements. Pour tenir le cap, je me mets dans le sillon d’un coureur dont le rythme est légèrement plus rapide. Plus que 2 km ! J’y suis presque. C’est quasi gagné !  Je commence à allonger ma foulée pour espérer gagner 1km /h et grappiller quelques secondes au chrono. J’aperçois au loin la zone d’arrivée… et il y a ce moment unique où l’on s’apprête à brûler ses dernières cartouches dans la bataille. Je décide de tout envoyer ! Je termine les 400 derniers mètres en sprintant, tel un athlète de haut niveau sur une piste olympique. Le chrono annonce 1h46’13s ; je suis hyper fier de moi. Ce n’est pas mon record mais c’est vraiment pas loin !

L’après course : quelques idées sympas pour savourer sa victoire à Lisbonne :

Le pécher mignon des Lisboètes étant la gourmandise, le moment est venu de faire honneur à cette tradition et récupérer des 2000 calories dépensées sur le semi-marathon ! Pâtisseries (pasteleria), fruit de mer et poisson (morue bacalhau com natas, sardine…), chorizo, cochon de lait… les bons plats sont très nombreux. Coté boisson, ils ne sont pas en manque non plus avec le célèbre porto, le vin local, la bière, sans oublier le digestif à la liqueur de cerise : le Ginjinha.

Enfin, pour profiter de la douceur de vivre portugaise, je vous conseille de faire une balade en voilier au fil du tage qui se révélera être une expérience inédite ! D’autant que vous passerez sous le pont du 25 avril ! pont25avril-lisbonne

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